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14 AGENDA
FILMKRITIK
woxx  |  10 04 2015  |  Nr 1314 KINO I 10.04. - 14.04.
Dear White People
USA 2014 de Justin Simien.
Avec Tyler James Williams, Tessa Thompson et Kyle Gallner. 108’. V.o., s.-t. fr. + nl. À partir de 12 ans.
Utopia
L’élection de Samantha White à la  tête d’une résidence universitaire  historiquement noire conduit à un  affrontement interculturel remettant  en question les conceptions de chacun  sur ce que signifie être noir. Alors  que Sam se fait un nom en animant  une émission de radio intitulée  « Dear White People », le journal  humoristique blanc de la faculté va  organiser une soirée Halloween dont  le thème n’est autre que « Libérez le  nègre qui est en vous ». 
Réduite à un esclavage de fait, la jeune Célestine va tenter de se rebeller.
BENOÎT JACQUOT
Sévices sociaux
femme soumise ; son nouveau maître  n’est simplement pas un notable de  province, mais un ex-jardinier sadique  et criminel. Comme roman d’émanci- pation féminine, on a vu mieux... 
Mais ce n’était pas le propos de Mir- beau, et Jacquot ne tente pas de réin- terpréter son œuvre. Tout au contraire,  son adaptation balance entre un  certain classicisme, l’amour du détail  historique et l’expérimentation. De  longs blancs enchaînés rythment les  différentes séquences et la caméra  passe souvent du travelling classique à  la caméra à l’épaule façon « Dogma »  sans véritable motivation. C’est aussi  ce mélange de styles cinématogra- phiques qui rend inconsistante cette  version du « Journal d’une femme de  chambre ».
Les acteurs, souvent statiques - même  si on voit que Léa Seydoux et Vincent  Lindon se sont donné de la peine pour  dépasser la caricature de l’original,  ce qui leur réussit assez souvent  d’ailleurs -, sont un peu perdus dans  la composition du réalisateur. C’est un  peu comme si celui-ci ne savait pas  exactement ce qu’il voulait faire de ce  film et aurait finalement décidé d’y  mettre toutes ses idées en vrac. 
Bref : si vous aimez le cinéma français  et les adaptations littéraires, « Le jour- nal d’une femme de chambre » n’est  pas pour vous.
À l’Utopia.
Une aubaine satirique sur une  Amérique en recherche de repères - et  un film critique sur l’ère Obama. (lc) 
Der Nanny
D 2015 von und mit Matthias Schweighöfer. Mit Milan Peschel und Paula Hartmann. O.-Ton. Ab 6.
Ciné Waasserhaus, Cinémaacher, Kursaal, Le Paris, Prabbeli, Starlight, Sura, Utopolis Belval und Kirchberg
Clemens steckt mitten in den  Planungen zum größten Bauprojekt  seiner bisherigen Karriere. Um endlich  loslegen zu können, muss er nur noch  einige Mieter aus den Wohnungen  vertreiben. In all dem Stress findet  er nur wenig Zeit für seine beiden  Kinder weswegen er deren Betreuung  häufig Kindermädchen überlässt.  Seit neuestem soll Rolf diese  Aufgabe übernehmen. Clemens ahnt  jedoch nicht, dass es sich bei dem  zuvorkommenden Mann um einen der  Mieter handelt, die seinetwegen ihre  Wohnung verloren haben. 
Faustino
L 2015, Dokumentarfilm vum Andy Bausch. 90’. O.-Toun, fr. Ët. Fir all.
Le Paris, Orion, Scala, Starlight, Sura, Utopia, Utopolis Belval a Kirchberg
Dem Fausti, deen net réischt zanter  sengem sexistesche Lidd „Zwou Boulle  Mokka“ landeswäit bekannt gouf, gëtt  hei schonn zu Liefzäiten en Denkmal  gesat.
Fifty Shades of Grey
USA 2015 von Sam Taylor-Johnson. Mit Jamie Dornan, Dakota Johnson
XX
Luc Caregari
« Le journal d’une femme de chambre » est déjà la quatrième adaptation sur grand écran du roman d’Octave Mirbeau - et ne présente pas vraiment une grande valeur ajoutée.
La France au début du 20e siècle :  la société est divisée entre notables  bourgeois et prolétaires qui commen- cent à s’organiser, ainsi que tétanisée  par l’affaire Dreyfus, qui a réveillé et  révélé au grand jour un antisémitisme  virulent. Mais entre les classes existent  des êtres hybrides, les domestiques.  Vivant matériellement bien dans les  maisons des bourgeois, mais ré- duits à une existence d’esclaves au  quotidien, leur vie se passe dans un  entre-deux qui échappe souvent à  tout contrôle. Surtout quand on est  une jeune femme, comme Célestine,  la protagoniste de cette histoire. Car  souvent, les « femmes de chambre »  sont considérées aussi comme des  esclaves sexuelles dont les maîtres  peuvent abuser quand et comme ils le  désirent. 
Au fil de l’histoire, nous suivons le  parcours de Célestine dans plusieurs  foyers bourgeois, et notamment chez  les Lanlaire, qui sont l’exemple type 
des notables de province détes- tables. Avec une maîtresse sadique  et maniaque et un maître coureur de  jupons, des avances duquel Céles- tine doit se protéger en permanence,  c’était juste une question de temps  avant qu’elle ne tombe, tel un fruit  mûr, dans les bras du jardinier Joseph,  un homme violent, probablement  meurtrier, pédophile et antisémite  virulent par-dessus le marché, avec  qui elle détrousse les Lanlaire et  s’échappe vers la suite de sa vie  miséreuse. 
Après Luis Buñuel et Jean Renoir qui  réalisa aussi une adaptation améri- caine, c’est donc le réalisateur Benoît  Jacquot qui se colle à ce roman que  le prolifique écrivain et journaliste  Octave Mirbeau publia entre 1892  et 1900 comme roman feuilleton et  sous l’influence d’une profonde crise  morale. Une crise transcrite dans  les pensées de Célestine, une jeune  femme ambitieuse et sarcastique  qui ne supporte plus sa condition de  servante. Qu’elle soit bien traitée ou  violée et violentée par ses maîtres  n’est pas important : c’est son désir de  liberté et de richesse qui l’emporte. Et  qui fait que finalement elle reste une 


































































































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